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BIOGRAPHIE

  C'est dans l'odeur du bois, de la colle et de la cire, que Guy Lachot a passé son enfance. La petite menuiserie familiale de Villy-en-Auxois, village bourguignon des environs de Semur, fut son terrain de jeux, sa malle aux trésors, sa première bibliothèque de textures et de couleurs.

Lorsque le jeune garçon fait part à son père de sa décision de devenir "artiste", ce dernier est consterné. A 14 ans, un garçon doué pour le travail du bois a autre chose à faire qu'à rêver !

C'est ainsi que Guy ira apprendre la menuiserie au Lycée à Dijon. Tout en préparant son diplôme, il devient assidu des cours de dessin de son professeur Raymond Lemarchand. Tous les jeudis, peinture à l'huile et histoire de l'Art dans l'atelier du peintre.

Le service militaire lui donne le goût de la littérature. Céline est un choc. Djian, Le Clézio, Louis Calaferte ou Roger Boutefeu, sont ses compagnons de chambrée. Leurs mots, leurs univers seront ses alliés lorsque, plus tard, il posera son couteau sur la toile.

Plus, tard, mais pas encore...

Ses gouges, son rabot et son maillet occupent ses mains à longueur de journée. Pas de temps pour les pinceaux non plus quand il part, en 1980, sur les grands chantiers d'Irak, d'Egypte, d'Algérie ou d'Arabie Saoudite.

Guy a 25 ans. Il traverse des villes en construction, ou partiellement détruites, passe du désert aux centres urbains à la signalétique agressive.

Dans les cellules monacales des chantiers, il construit sa nouvelle bibliothèque d'images, de sensations, de saveurs.

Aux Philippines, il rencontre sa femme, Julie. Puis met fin à dix ans de périple et reprend le chemin de la France.

A son retour, il suit à Avignon, les cours de l'Ecole Supérieure d'Ebénisterie, où il parfait son art de la sculpture. Il prend dans la foulée, un poste d'enseignant dans l'Aisne qui lui laisse enfin du temps. Du temps pour fabriquer des châssis et y tendre ses toiles de lin. Du temps pour commencer, après une longue maturation, à tracer les bases de son monde intérieur.

Ses premières oeuvres sont figuratives, colorées, violentes. Il affectionne les foires, les stations-services, les supermarchés, bref, les scènes urbaines. Tout ce qui fait du bruit, travaille, s'entrechoque, se presse. Il expose et vend régulièrement. Pourtant, l'année 1994 marque une rupture. L'artiste abandonne la veine figurative pour l'abstraction. Brutalement. Sans hésitation.

Pendant trois ans, il peint sans relâche dans son petit atelier qui surplombe la Marne, à Saulchery ; il y jouit d'une vue dominante qui embrasse toute la vallée, baignée de la lumière particulière de Champagne ; mais il n'expose pas.

Sa technique évolue, sa palette s'affine ; son couteau généreux travaille la texture de l'huile avec plaisir, jouant sur les alliances, se jouant des alliances, au travers des glacis diffus, des transparences et des empâtements de matière.

De ses oeuvres se dégagent une quiétude mêlée d'une vitalité puissante. L'atmosphère y est étrange mais familière. Toute une géographie personnelle, mouvante et chaude se révèle alors pour notre plus grand plaisir.

Guy Lachot est né en 1955.