ou Dictionnaire évolutif contemporain (1996...)
*****************************************************
E-TEXT
Tous droits réservés
L'utilisation non commerciale de ces articles est autorisée.
E-mail : nielrow.books@laposte.net
*****************************************************
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
*****************************************************
Il s'est retiré dit-on, dans un monastère, après une vie consacrée à aider les sans-le-sou. Les média en vue l'ont traîné dans la boue parce qu'il se disait l'ami d'un homme qui n'était pas, lui, en odeur de sainteté, auprès des moralisateurs à la petite semaine, allant jusqu'à lui demander une espèce d'abjuration, de reniement de l'amitié qu'il avait envers un personnage décrié. Le pauvre abbé a dû se rappeler saint Pierre et le chant du coq. Si un chrétien comme lui avait dû se préoccuper de politique au mauvais sens du terme, c'est-à-dire ne tenir compte que de l'idéologie de surface, il n'aurait plus été chrétien. Il a tenu son rôle dans une sale époque parmi de sales gens. La postérité lui rendra hommage en invectivant ses contemporains, ceux qui l'ont bafoué, et ceux qui ne l'ont pas défendu. C'est bien humain tout cela dira le philosophe : une vie entière vouée au bien ne vaut plus rien si par hasard ce bien est dispensé là où on ne voit que le mal. C'est très humain et très triste.(1997)
**************************************************
ALLEMAND
L'impérialiste allemand (ou casque-à-pointiste) a disparu du paysage politique européen à la suite de la seconde guerre mondiale, au profit d'un engagement entier dans la guerre économique où il a réussi d'une manière sans pareille jusque dans le milieu des années 1990, pour ensuite s'activer dans le processus européen actuel qui nous mène tout droit à la confédération, tout en gardant un oeil à l'est où ses accointances ancestrales demeurent toujours présentes. Il conserve encore, quand ses vingt ans sont loins, un certain complexe de culpabilité engendré par les méfaits d'Hitler, qui le pousse à fermer sa gueule quand il faudrait qu'il l'ouvre, de crainte qu'on le taxe de nazi. Son fils, lui, s'en fout, et va militer, entre deux concerts de techno, chez les Verts après être passé chez les Rouges, en attendant de se caser dans quelque parti social-démocrate. Il boit de la bière en grande bouteille et en grande quantité, et du vin lequel lui fait aimer la France. Il passait encore dernièrement ses vacances aux Baléares en raison du change favorable. Mais avec l'euro, ce sera pour les tarifs attractifs. Il paye ses impôts pour subvenir aux besoins de l'Etat et des curés, mais il roule gratuitement sur ses autoroutes.
**************************************************
On utilise ce terme pour désigner spécialement l'habitant des Etats-Unis, d'une manière quelque peu impropre, puisque le Cubain, le Brésilien, le Canadien, sont des Américains au même titre que lui. Au vrai, les véritables Américains sont les Indiens des deux hémisphères du continent. L'Américain des Etats-Unis, donc, est un personnage patriote, voire nationaliste, en tout cas impérialiste, amateur de Hamburgers et de Coca Cola, évidemment gros et empâté à 40 ans après tout ça, d'une culture exclusivement nationale, ne connaissant rien de la géographie où il n'a pas un pied (la France est un pays inconnu aux Etats-Unis, et beaucoup de ses habitants ne savent pas où elle se situe sur une carte). Il est puritain, en surface du moins, et ce qui n'est pas sans rapport, un rien féru de la chicane qui lui permet parfois de faire fortune. S'il a la fâcheuse tendance à se croire le gendarme du monde, ce qu'il est le plus souvent en raison de l'incurie des autres pays, c'est parce qu'il y trouve quelque intérêt, ce qui peut être considéré en politique comme une qualité, l'intérêt seul prédominant dans ce domaine. Il possède, autre qualité, le sens et l'optimisme des affaires, et un amour immodéré pour la liberté, la sienne en particulier.
**************************************************
ANALPHABETE
On peut dire aussi illéttré. Individu qui ne sait pas lire. La France est bien placée en ce qui concerne ce type de tare et progresse sur le chemin qui conduit à l'être. En effet, au début du siècle on estimait les gens qui ne savaient ni lire ni écrire à 10% de la population. On en est aujourd'hui à 20% environ. Tous les degrés dans l'illettrisme sont présents dans la société, depuis la personne qui ne sait absolument pas lire, écrire, et parfois même parler le français, jusqu'à celle qui ânonne sans tout comprendre de ce qu'il déchiffre. Les causes de cette situation sont multiples ; l'immigration est la principale. Mais il y en a une autre bien plus inquiétante, résultante de deux facteurs ; c'est la faillite des systèmes éducatifs, alliés à la perte d'autorité du corps enseignant. On a tout connu en matière d'enseignement de la lecture et de l'écriture. Aucun système n'est parfait, mais le meilleur est quand même celui qui permet aux élèves de savoir lire en arrivant en sixième. Et il en existe. Tant bien que mal, un mauvais système permettra d'acquérir les bases nécessaires à l'enfant, d'autant mieux que cet enfant sera obligé par ses maîtres et professeurs de fournir un minimum d'efforts. Mais comme aujourd'hui une simple paire de claques mène tout droit au tribunal, un môme qui ne veut rien faire en classe, pourra passer sa scolarité pépère, avant de se retrouver tout étonné, quand l'école est finie, dans les bureaux de l'Agence Nationale Pour l'Emploi. Ainsi l'école fabrique-t-elle des chômeurs et des parasites non point parce qu'elle ne prépare pas à l'entreprise comme on voudrait le faire croire, mais parce qu'elle fabrique des analphabètes plus ou moins prononcés, qui de toute façon ne peuvent pas être préparés à l'entreprise. Sur le sujet en disant une fois pour toutes que ce n'est pas le rôle de l'école de faire de la main-d'oeuvre, mais de donner les connaissances de bases indispensables qui ne sont que des tremplins vers l'apprentissage, professionnel ou pas, de la vie d'adulte. C'est aux entreprises de former les jeunes. Enfin, à vouloir remplacer les parents démissionnaires, on ne peut plus instruire au sens strict du terme. L'Education Nationale devrait reprendre son nom d'origine Instruction Publique ou Instruction Nationale. On essaie d'éduquer et d'instruire en même temps, ce qui est impossible sans autorité et sans moyens de coercition.(1998)
**************************************************
ANALPHABETISME
Triste situation humaine qui a connu dans la chronologie historique des hauts et des bas.
Un sommeil lourd, accablant, s'est abattu sur l'Occident. Les yeux sont trop las pour s'ouvrir et regarder autour d'eux, les sens trop épuisés pour exercer leur curiosité. L'esprit de l'humanité est paralysé, comme par l'effet d'une maladie mortelle, elle ne veut plus rien savoir du monde qui est le sien. Plus étrange encore : ce qu'elle savait auparavant, elle l'a, de manière incompréhensible, oublié. On a désappris à lire, à écrire, à compter.(Stephan Zweig-Amerigo-Belfond-Trad. D. Autrand)
Cet extrait est daté dans le livre de Zweig : an 1000 ; force est de constater qu'il est de nouveau d'actualité en 2000.
**************************************************
AN 2000
Année ordinaire qui ne se distingue des autres que par un nombre bien rond. Le 21ème siècle et le 3ème millénaire après Jésus Christ (ce après JC est souvent omis dans les média) ne commençant qu'à la première seconde de 2001, il est inutile de nous rebattre les oreilles avec tout ce qui se prépare en festivités prévues en 2000 ; il y a erreur sur la date. Et puis, personne ne peut confirmer absolument la naissance du Christ à un an près ou même plus ; il y a encore erreur sur la date.
Le monde se prépare à fêter du vent. Et ça c'est bien dans l'air du temps...(1997)
**************************************************
APOPHIS
Le mal chez les Egyptiens de l'Antiquité ; encore nommé Apep ; chaque nuit, il essaie d'arrêter le soleil (Rê) dans sa barque ; leur antagonisme symbolise le combat du bien et du mal ; tout cela est fort réjouissant puisque, apparemment le soleil a toujours gagné la partie ; mais il est un autre Apophis, bien réel celui-là qui menacerait notre planète ; en effet un astéroïde de belle envergure se dirigerait tout droit vers la terre pour l'atteindre vers 2036, ce qui est quasiment pour demain ; toutes les mesures effectuées sur Apophis sont relatées par la NASA sur cette page.
D'aucun y verront un risque de fin du monde ; rassurons-nous, la chose se situe encore bien trop loin pour que les calculs soient exacts ; d'ici 2036, les prévisions auront varié plus que d'un iota ; ceci dit, la catastrophe n'est pas à exclure absolument, puisque la planète en a connus d'autres par le passé ; d'autres se reporterons à la prophétie de saint Malachie selon laquelle le dernier pape qui règnera sur le monde catholique viendra tout de suite après l'actuel Benoît XVI ; ça pourrait coller ! (février 2006)
**************************************************
Assemblage de promiscuités, insérées dans du béton, dans un désert affectif.(1998)
**************************************************
Tu dis je t'aime à quelqu'un : tu lui accroches une lourde pierre au cou.
Je suis riche de tout ce dont je puis me passer.(1996)
**************************************************
L'un des cinq génies de l'humanité à son époque, suivant ses propres mots.
Pour lui le génie n'est qu'une longue patience. Et il en a eu de la patience pour rédiger (en quelle langue !), et dessiner (en se faisant aider tout de même) son Histoire Naturelle : 50 ans dans un cabinet du château à Montbard, entre deux sauts à Paris.(1996)
*****************************************************
L'avenue la plus laide de Paris ; bitume et béton.
*****************************************************
COLONISATIONDans
une édition du Larousse,
dans laquelle le mot colonisation n'apparaît point, une
colonie
est un groupe de personnes d'une même nationalité
établies dans un pays étranger ou une ville
étrangère (1975) On pourrait se demander : pour y
faire
quoi ? Précisons cette définition bien
gentillette :
La raison d'être de toute colonisation est la recherche de
biens
nouveaux destinés au développement
économique des
colonisateurs ; c'est là le moteur premier de toute
expédition hors frontières ; l'emploi des
armées
n'est qu'un moyen de parvenir à leurs fins par la
conquête, puis par le maintien de l'ordre ; la philosophie
des
colonisateurs s'appelle l'impérialisme ; le
système
social est fondé sur l'esclavage, ou sur ses
dérivés qui ne sont que de l'esclavage ou
masqué,
ou atténué.
La France n'a pas dérogé à notre défiinition tout au long de son histoire ; il suffit de reporter au code noir ou aux aventures des premiers colons en Algérie, entre autres.
Aujourd'hui, la colonisation semble poser quelques problèmes à la société en mal de grande cause ; les représentants du peuple (?) français ont fini par pondre un texte inique, promulgué par le Président de la République (Loi 2005-158 du 23 février 2005) et qui dit ;
Article 1
:
La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont
participé à l'oeuvre
accomplie par la France dans les anciens départements
français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en
Indochine ainsi que dans les territoires placés
antérieurement sous la souveraineté
française.
*****************************************************
Communiquer c'est se donner les moyens de penser. Ainsi n'y aurait-il aucun livre de disponible, aucun journal, aucun média audio-visuel, aucune parole proférable, aucun geste, aucune réunion, aucune discussion, aucun écrit, aucune image, il n'y aurait aucune pensée possible. Ainsi, comme l'affirmait kant, la puissance civile qui interdit de communiquer empêche également les citoyens de penser. La liberté de penser peut donc être considérée comme la première des libertés politiques, les libertés communément admises comme classiques (rassemblements et débats, presse, littérature, etc.) lui étant constitutives. Reste à savoir dans quelle mesure on peut empêcher totalement les gens de penser, sachant que l'interdiction d'un ou de quelques actes de liberté ne suffit pas à rendre un peuple idiot.(1998)
*****************************************************
CONQUETE SPATIALE
Elle a commencé il y a bien longtemps, dès que l'Homme a levé les yeux au ciel ; mais elle a pris son envol, si l'on peut dire avec l'envoi d'un satellite articiel par les Soviétiques en 1959, le fameux Spoutnik. La conquête spatiale est l'aventure la plus extraordinaire que l'Humain ait jamais entreprise ; comme il ne lui sera pas possible de demeurer sur Terre pour maintes raisons, notamment par manque de place, il lui faut songer à s'expatrier ; coloniser l'espace sera le travail des générations futures, et les nations qui auront oublié cela seront elles-mêmes colonisées et dépendantes de celles qui auront été de l'avant.(2002)
CRISE ECONOMIQUE
Les crises économiques, dont les causes sont diverses et nombreuses, se traduisent inéluctablement par des pertes d'argent ou des destructions de biens ; l'inflation gagnant du terrain on assiste à une baisse de la consommation et son lot de misères telles que les faillites, et le chômage.
La baisse de la consommation concerne les biens en quantité, et non en coût ; en effet les ménages (du moins ceux qui ne sont pas touchés par le chômage) dépenses autant, sinon plus que lors des périodes de vaches grasses, mais obtiennent moins de biens de consommation en contrepartie.
Toute la mécanique du mouvement, enchaînement vicieux puis cercle vicieux, repose sur cette diminution des quantités achetées, puis diminution de celles produites. Aussi, appliquer des solutions purement financières pour juguler une crise de la consommation, c'est appliquer un cautère sur une jambe de bois. (2008)
*****************************************************
Christophe Colomb qui n'a que redécouvert l'Amérique, savait où il allait quand il s'embarqua en direction de l'ouest. Les récits foisonnent de témoignages de voyageurs inconnus qui ont vu en leur temps le Nouveau Monde. Ce n'était pas un imbécile, et il n'avait aucunement l'intention de toucher aux Indes. Il avait lu et écouté.
Les Africains des époques anciennes ont voyagé dans l'Atlantique, et on se demande par quel miracle, quelque bateau ne se serait jamais perdu au loin jusqu'en Amérique. Penser le contraire est anti-scientifique, car contraire aux lois des grands nombres.
Quant aux Vikings, c'est aujourd'hui une quasi certitude qu'ils ont traversé l'océan.
Mais ce n'est que justice vis à vis de Colomb. On dit qu'il a découvert l'Amérique, mais elle ne porte pas son nom. Vespucci dont le prénom Amerigo fit donc fortune, n'est lui, peut-être jamais allé nulle part. Il doit sa notoriété à un imprimeur des Vosges qui a inventé le nom d'Amérique.(1996)
***************************************************
Démocratie : concept vague aux contours modifiables, réceptacle d'opinion publique qui n'est que l'opinion de quelques uns, d'idées à la mode, ou d'élucubrations de bien- pensants, partout nommée, rarement définie, toujours bafouée. Liberté Egalité Justice Bien Morale Ordre Parlementarisme Lois etc. A défaut d'appliquer la seule définition possible de la démocratie - gouvernement du Peuple par le Peuple - les politiciens, encouragés par l'inintérêt du Peuple lui-même pour la chose, font semblant d'être démocrates. Ils s'autoproclament régulièrement démocrates, agissent comme il est de leur intérêt d'agir en qualifiant leurs actes de démocratiques, en ayant soin de temps à autre de donner un os à ronger aux quelques clairvoyants qui ont découvert le manège : cela donne la Participation, la Concertation et autres gadgets, tous autant d'alibis pour gogos. Démocratie est devenu un mot passe-partout, une arme, une espèce d'épée de Damoclès brandie au-dessus des têtes qui ne seraient pas démocratiques. Comme si la démocratie était la seule idéologie politique possible. Se dire non-démocratique s'est se vouer à être montré du doigt, diabolisé , nazifié . Le terrorisme politique actuel est le fait des pseudo-démocrates. Que quelqu'un s'avise de dire qu'il n'est pas démocrate et aussitôt il sera submergé d'invectives du genre : nazi, fasciste, raciste etc. Immédiatement on le soupçonnera d'être contre la justice, contre la morale, contre le droit, contre tout, d'être en quelque sorte un monstre anti-tout. Ces gens feraient bien de relire dans leur Bible les lignes dans lesquelles il est question de paille et de poutre. Car la démocratie pratiquée par ces politiciens ressemble fort à une idéologie totalitaire. Leur démocratie est devenue un but, et non plus un moyen de parvenir à un quelconque bonheur. Mais qu'a à faire le peuple d'un outil si mal utilisé ? Qu'importe la démocratie, c'est de Justice dont il a soif, cette même Justice qui est une des nombreuses constituantes théoriques malmenées de cette démocrassie rampante. Je parlais de Bible tout à l'heure, mais sans doute aucun, ils n'iront point mettre leur nez dans ce monument. car il est de bon ton de se dire laïc, legs des bons penseurs (?) de gauche, pas du peuple de gauche - dont ils se réclament seulement dans les temps d'élection - qui ont toujours eu peur des curés lesquels tiennent mieux leurs ouailles quand ils en ont, qu'eux leurs militants toujours prompts à déguerpir de l'autre côté quand ils s'aperçoivent qu'ils ont été politiquement floués. Le résultat historique de l'époque actuelle est que la société fait semblant de se construire dans l'allégresse du Droit (constitutionnel, civil, administratif, pénal, international et surtout européen depuis peu) et que n'osant pas se référer aux valeurs millénaires de la religion, ces adulateurs de la chicane nous mènent à une société procédurière qui découvrent à tous moments des "vides juridiques" dans lesquels ils semblent craindre de tomber, alors que leur parents ou grands-parents ne pensaient à ce genre de fadaises, habitués qu'ils étaient de vivre naturellement, avec leur morale, qui valait ce qu'elle valait, et le peu de textes existants, mais qui les guidaient sûrement. C'est que les valeurs ne se décrètent pas contrairement aux écrits du Droit et qu'elles sont d'autant plus respectées qu'elles ne figurent sur aucune tablette. Le jour où l'on s'avise d'écrire tout le détail de ce qui est permis et interdit, on creuse en même temps ces fameux "vides juridiques" qui font le délice des média qui n'ont rien à dire sinon à sombrer dans la logorrhée à la mode. Il s'agirait plutôt pour eux d'un vide moral. Mais le pessimisme n'est pas de rigueur ; la morale - comme la religion - n'a pas disparu de la société. Elle est même active chez ceux-là à qui elle semble étrangère. C'est qu'il faut bien avoir un point de repère, un point de départ pour échafauder tout le système du Droit. Et bien évidemment, les principes moraux issus des religions du Moyen-Orient elles- mêmes issues de religions plus anciennes, ont fait et font école si l'on peut dire. Les sacro-saints Droits de l'Homme, nouvelle pseudo-religion des metteurs en scène acharnés de la démocratie y ont tout simplement puisé leur inspiration. Ils n'ont rien inventé dans les grandes lignes de leurs théories populacières ; si c'est pour nous affirmer qu'il est interdit de voler ou de tuer, elles sont inutiles ; on ne les a pas attendus pour le savoir, comme d'ailleurs les tribus d'Israël ne tenaient pas pour glorieux de tuer ou de mentir avant les exploits d'Abraham.(1996)
***************************************************
LA DEMOCRATIE C'EST QUOI ? comme dirait un journaliste connu dont le langage ne mérite pas de l'être. Je ne vais pas définir la démocratie telle qu'elle devrait être ; elle tient en une belle phrase, le reste n'ayant aucun intérêt pour la définition : "Le gouvernement du peuple par le peuple". Non, je vais essayer de cerner la démocratie dont on nous rebat les oreilles. C'est d'abord le désordre. La loi indiquant clairement que tout un chacun est égal de l'autre, tout le monde et dans tous les domaines est l'égal du voisin. Ainsi, la femme est l'égale de l'homme ; si politiquement il n'y a à cela aucun inconvénient, par contre physiologiquement ça ne va plus. Et il s'en trouve (des femmes) pour le regretter et de se rassembler en mouvements qui luttent pour les droits des femmes en surface mais en vérité luttent d'une manière obsessionnelle contre la nature elle-même qui a eu l'outrecuidance de ne pas les faire comme les hommes. Psychologiquement parlant, ces femmes-là font de leurs luttes des exutoires à leur condition. Leurs angoisses sont traduites dans les textes que les députés pondent régulièrement, mais dans la vie de tous les jours, elles n'ont que le juge pour faire constater que ces textes ne valent guère mieux que des promesses. Ainsi, la tendance générale est au tout Etat. Etat providence par excellence, on lui demande aussi de pourvoir à l'ordre moral, ce qui se situe à cent années-lumière de ce dont il n'est que capable. Jusqu'à l'école de laquelle on exige quasiment d'élever ses enfants. Le résultat est là, et bien là : plus de valeurs stables, plus de références ni de modèles à suivre ou à craindre. Les mômes sont livrés à eux-mêmes et vite sur la voie de la délinquance. On a cru faire mieux que Jules Ferry et son instruction publique par l' éducation nationale, comme si l' éducation pouvait être nationale, sauf chez les communistes peut-être. Car ne nous leurrons pas ; les pseudo- démocrates qui sont aussi doublés de pseudo-libéraux économiques, sont des communistes dans l'âme. Quand tout va bien, le libéralisme fait foi, la crise venue, au secours l'Etat. Si donc les entreprises sont aidées, alors pourquoi pas le commun des Français. Et cela aboutit au RMI, subvention à la fainéantise dans 50% des cas, et au laxisme social ; les gens qui ne demandaient rien à personne avant l'institution du RMI se sont sentis tout d'un coup plus pauvre après, quand on ne les poussait pas à s'inscrire. Le résultat, prévisible, est que le nombre de Rmiste augmente sans discontinuer, en vertu de la propension - bien naturelle - des gens à préférer être payés à ne rien faire plutôt qu'à travailler. Ici encore, répétons-le : les aides n'existent pas parce qu'il y a des pauvres, mais il y a des pauvres parce que les aides existent. D'ailleurs, le RMI n'en finit pas d'attirer les foules de l' étranger, et encore une fois c'est humainement normal, même si ce n'est pas moral vis-à-vis de ceux qui travaillent pour un salaire équivalent. L'histoire est vraie qui fut en son temps relatée dans un quotidien : à des agents de la police espagnole qui l'avait intercepté et lui demandaient s'il avait des revenus là où il tentait de se rendre, c'est-à-dire en France, un immigré clandestin répondit affirmativement puisqu'il allait toucher le RMI. Il faut relire la constitution de 1958 et ses préambules décoratifs. Certes bien des articles de ces préambules sont apparemment bons à jeter aux orties car non appliqués car inapplicables en vertu de la théorie selon laquelle tout écrit ne peut évoluer de lui-même et doit donc à un moment ou à un autre devenir caduque, créant par là-même difficultés et injustices, puis discréditant l'ensemble dont il fait partie. Bref, on y lit quelque part que chacun à le devoir de travailler, et autre part que le travail est un droit. Passons sur les contradictions latentes de ces deux incantations pour nous en tenir au sens principal : il faut travailler. Voilà comment on viole les constitutions dans nos pays démocrates. N'y aurait-il donc pas de misère en notre beau pays ? Si, hélas ! Mais, rétorquerons certains, la crise et son cortège de chômeurs est la cause de cet état de fait. Bien videmment, on ne niera pas la crise ou plutôt les crises à répétition qui arrangent bien des experts en économie et encore plus les politiques qui trouvent là un bois flottant pour les sauver de leur incurie. Mais les crises ne durent qu'un temps limité et sont suivies de périodes de relative prospérité, sinon elles n'existent plus, englouties dans le système qu'elles ont amorcé . En clair, une crise qui durent trente ans, comme celle que nous connaissons actuellement n'est plus une crise mais un système avéré qui prospère, lui, même si les citoyens, eux, prospèrent moins, en tout cas certains citoyens. C'est ainsi que l'on se retrouve avec des "exclus" joli mot socialiste à la mode qui désigne les anciens "nouveaux pauvres", ex "pauvres". Et ce système fonctionne, cahin caha, bon an mal an, puisque la France est la 4ème puissance économique mondiale, classement dont se gargarisent sans vergogne nos démocrates dans les média, mais qui laisse de marbre le Français moyen qui préférerait mille fois une France dixième et un salaire décent. Alors que nos techno-démocrates affirment sans rire que la crise est mondiale, ils s' évertuent à trouver une solution au chômage par des mesures nationales. Le bât ne semble pas les blesser spécialement. Car, le chômage ressemble fort à un transfert permament, voire définitif de main d'oeuvre des secteurs actifs au secteur inactif (même si statistiquement les chômeurs sont considérés actifs), phénomène provoqué par la croissance de la productivité , clé de nos économies. Un actif réel, un travailleur nourrit quatre personnes : lui-même et trois autres qui ne font rien : un chômeur, un enfant, un retraité . La nouvelle société se profile à l'horizon : un emploi permettra d'entretenir six personnes dans quelques années. Reste à savoir à quel niveau de vie cela sera possible. Si c'est au niveau du minimum vital, on va tout droit à la révolution des sans travail. Si c'est dans la relative opulence on va tout droit à la révolution des travailleurs effectifs, lassés de se faire exploiter, comme des esclaves qu'ils sont devenus. Certains penseront que nous allons ainsi vers la société idéale, celle dont nos grand-pères rêvaient, dans laquelle on pourra vivre sans travailler. Malheureusement, un tel Eden ressemblerait plutôt à un enfer ; car il faudra toujours des bras et des têtes, même peu nombreux, pour fabriquer les biens. Et ces bras et têtes, en nombre restreints ne seront jamais prêts à servir d'esclaves à leurs oisifs concitoyens sans une contrepartie de taille : le pouvoir.(1996)
*****************************************************
Terme à la mode qui n'est jamais utilisé seul mais avec le superlatif plus. On (politiciens et média) parle ainsi des plus démunis pour signifier les pauvres, les exclus (voir exclusion), les gens qui ne sont pas riches.
Reste à savoir quel est l'état réel économique de ces gens ainsi qualifiés, sachant qu'un démuni est quelqu'un qui n'a plus rien. Peut-il encore posséder moins que rien ? Ou alors à quel seuil de pauvreté devient-on de démuni à plus démuni ?
On pourrait en rire si des gens n'étaient effectivement dans la détresse. Mais ceux-là, les vrais, ils se cachent. Ils ne demandent souvent rien que du travail pour en vivre. Et si par hasard il s'en trouve qui parviennent à gagner le smic, ils s'en contentent sans se comprendre dans la catégorie des plus démunis. Alors, quand les démagogues affublent les smicards du titre de plus démunis, outre la fausseté de l'affirmation (il y a plus pauvres hélas que les smicards), qu'ils sachent qu'ils font insulte à leur condition de smicards.Il n'y a certes pas de honte à être smicard, mais il y en a moins de gloire encore. Demandez-leur.(1998)
*****************************************************
*****************************************************
DISCRIMINATION POSITIVE*****************************************************
DROITS DE L'HOMMENouveau credo des sociétés occidentales, intimement lié à la notion de démocratie, qui comme elle, apparaît sans réalité concrète. Le concept ayant sa source, ou plutôt une de ses sources dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - remarquons au passage que les révolutionnaires français, dès le texte pondu, ont passé leur temps à le violer allègrement - la France fait figure d'innovatrice chez ceux qui n'ont jamais connu ou étudié autre chose que les systèmes dits démocratiques. Le Bien universel est donc représenté actuellement dans le monde par ces ensembles de textes plus ou moins complémentaires, contradictoires, redondants ou inutiles, qu'on brandit de temps à autre pour ramener à la raison quelque état récalcitrant ; refuser de signer une de ces page noircie de voeux pieux fait passer celui qui résiste pour un dictateur, un anti-démocrate, un nazi, bref un méchant ; cette partie qui constitue un pan du droit international, sert également de publicité ; il suffit de signer quelque torchon de papier qui rabâche à l'infini que l'homme est égal à lui-même, comme si ce n'était pas évident, plus grave, quelque autre qui stipule que la démocratie est le seul système politique acceptable, et voilà l'état signataire porté au rang prestigieux de démocrate ; un exemple suffira : la France a adhéré en 1980 au Pacte International des droits civils et politiques ; pour quoi faire, on se le demande, puisqu'il n'y a rien de nouveau dans cet écrit qui ne soit déjà écrit quelque part, notamment dans la Convention Européenne des Droits de l'Homme : il est inutile, à tel point que les juges ne s'y réfèrent jamais, comme ils ne se réfèrent jamais à tant d'autres de ses petits frères ; ce texte aura au moins contribué à encombrer les manuels de droit à défaut d'encombrer les tribunaux (voir Sécurité juridique) ; les diplomates n'ont-ils rien d'autre à faire ?(2000)
*****************************************************
Une des nombreuses affaires financières du vingtième siècle. Les Français et autres européens qui se sont faits spolier après 1917 attendent encore le remboursement de la dette russe. Curieusement l'Etat français en 1996 a semblé accepter l'obole proposée par les autorités russes, pour des raisons diplomatiques. En quelque sorte on règle le problème par dessus la jambe, puis on recommence à prêter à la Russie. Car évidemment, la Russie a toute les peines du monde à emprunter aujourd'hui, ce qui n'est qu'un juste retour des choses. Environ 1% seulement de l'emprunt en question serait en passe d'être remboursé. Les héritiers des souscripteurs font la tête, et, bien sûr, contre-attaquent par voie de justice.
Dans cette affaire, chacun a bien été puni. Les souscripteurs d'avant 1917 qui ont eu tort de placer leur argent n'importe où, sans garanties nationales, et la Russie sur laquelle pèse une lourde réputation qui mettra encore longtemps avant de s'estomper.
En tout cas, la leçon devrait avoir porté. Les prochains emprunts russes, au vu de la crédibilité actuelle de Moscou, peuvent rester dans les tiroirs du Kremlin.(1998)
*****************************************************
EGALITENivellement vers le bas, quand il s'agit d'un terme social ; en politique et en droit le terme attribue en théorie les mêmes droits et devoirs à tous les citoyens ; mais en pratique, ne s'en sortent vraiment que ceux qui se montrent plus renards que leurs concitoyens ; les révolutionnaires français ont commis une énorme bévue en choisissant la devise Liberté, égalité, fraternité ; ce n'est point tant d'égalité dont le peuple a besoin, mais de justice ; un mot de Robespierre aurait pu faire affaire dans son fameux discours ; le mot Equité, lequel aurait tourné bien des jugements ultérieurs et mené la jurisprudence ailleurs qu'elle est aujourd'hui.
Dans la bouche des journalistes et du vulgaire égalité signifie tout le monde pareil dans tous les domaines, ce qui engendre jalousies et grincements de dents. Chacun veut être l'égal de son voisin ou du saltimbanque aperçu à la télé ; même les femmes se sont voulues les égales des hommes, et ces derniers les ont encouragées, car cela les plaçait, eux, sur un piédestal. A t-on jamais entendu un politicien dire : l'homme est l'égal de la femme ? (2007)
*****************************************************
ETATS-UNIS
D'Amérique évidemment, les autres états, notamment l'Europe, se prétendant unis ne l'étant que superficiellement ; en tout cas une grande nation ; impérialiste à souhait, son histoire peut-être comparable à celle de Rome dans l'Antiquité ; expansion, intégration, puissance rayonnante ; elle a connu, à l'instar de Rome, sa peur inextinguible le 11 septembre 2001 ; il ne s'agissait plus alors de Gaulois, mais de terroristes islamiques. Enfin, quoi qu'on en dise, c'est elle la véritable représentante de la liberté dans le monde.
*****************************************************
Ancien ECU dévalué psychologiquement. Fleuron des technocrates européens qui nous assurent qu'il va résorber le chômage, tenir la dragée haute au dollar, provoquer une baisse générale des prix, doper la production, la consommation, l'investissement, etc. Il ne fera rien de tout ça puisqu'il ne sera qu'un reflet de tout ça. Si l'Europe se débrouille économiquement, l'euro sera une monnaie solide. Si l'Europe se casse la gueule économiquement, l'euro fera de même. Il aura ses travers tout comme le dollar, à savoir qu'il fera l'objet de spéculation, de surestimations, de sous-estimations. Ce n'est que la puissance européenne avérée qu'il deviendra une monnaie refuge en remplacement ou en alternative au dollar américain. Ce qui voudra dire aussi que l'Europe fera de l'ombre aux Etats-Unis, économiquement puis politiquement. Enfin, il est le premier pas vraiment significatif vers une Europe fédérée ou confédérée, l'avenir nous le dira ; l'indépendance des Etats n'est plus qu'un leurre ; c'est à regretter ou pas, suivant le degré de nationalisme des esprits. Après tout la Gaule a été colonisée par les Romains, ceux qui le regretteraient aujourd'hui, seraient peut-être encore au milieu de leurs cités lacustres. Sur ce quoi il faut être vigilant, c'est la manière dont vont évoluer les choses politiques. Actuellement, les institutions européennes n'ont rien de démocratiques, elles ne sont que technocratiques et peu enclines à se remettre en cause. Au train où elles nous pondent leurs textes, elles vont nous rendre la vie invivable, nous menant tout droit au totalitarisme juridique. 1984 n'est pas dernière nous, mais bien devant.(1999)
*****************************************************
Le mot a fait fortune si l'on peut dire parmi les rongeurs de vocabulaire, les contempteurs du beau langage ou du langage tout court. Où faut-il chercher pour trouver des exclus en France et ailleurs ? Des exclus de quoi ? De la société ? Cela n'a aucun sens, car tout pauvre (car c'est de pauvreté, matérielle ou intellectuelle, qu'il s'agit au vrai) reste dans la société. Il n'a seulement pas accès à tous les avantages qu'elle offre aux plus aisés. Il existerait donc une hiérarchie de l'exclusion (prise dans le sens politicien ou médiatique) suivant laquelle chacun est exclu de quelque chose. C'est un fait absolu. Ainsi, appliquons la logique : il existe des Rotschild qui font figures d'exclus parmi les leurs. Evidemment, économiquement cela ne fait pas sérieux. Il existe aussi des gens modestes qui sont fort cultivés, plus que le Baron Rotschild ; ce dernier va-t-il se plaindre d'être un exclu, encore une fois ? Alors, restons-en aux pauvres ou aux incultes d'antan dont la condition ne gagne rien à être rebaptisée au look du temps. C'est très actuel de changer le nom en l'adoucissant, des tares sociales ou des miroirs dérangeants de l'époque contemporaine. Car tout cela ne veut pas signifier qu'il ne faut pas combattre les pauvretés.
L'exclusion réelle ne peut être le fait que de celui qui n'est pas exclu. Le pseudo-exclu, lui, peut avoir le sentiment qu'on le rejette, mais ce sentiment n'a pas de réalité externe. Dans la vie de tous les jours, chacun vit sa vie sans forcément s'amuser à exclure ou inclure qui que ce soit. Il y a des gens riches et des gens pauvres, des gens intelligents et des idiots, mais les uns les autres vivent somme toute ensemble en entente satisfaisante. S'il y a des cas individuels, ils en restent aux mots sur le terrain de l'exclusion. La société actuelle n'est pas une machine à exclure. Les idées qui circulent pour affirmer le contraire relèvent du fantasme ou de la psychose.
Le mot d'exclu est rapporté au fait qu'il existerait une espèce d'ostracisme systématique envers une catégorie particulière de personnes dans une société entière. Le racisme peut en être l'exemple type, comme ce fut le cas en Afrique du Sud, mais on aura du mal à trouver d'autres exemples parlants. Quant au racisme lui-même il ne peut à lui tout seul expliquer les problèmes que certains imputent à l'exclusion, sauf à considérer les deux termes comme synonymes.(1998)
*****************************************************
Principalement employés de l'Etat et des collectivités territoriales. La mode en est à crier haro sur les fonctionnaires, qui sont trop payés, qui coûtent chers au contribuable, qui ne font rien de leurs dix doigts, qui ne sont jamais là quand on a besoin d'eux, etc. Soit, privatisons les postes de fonctionnaires, envoyons-les en retraite ou se faire pendre ailleurs... mais avant regardons bien à qui nous allons faire un sort : policiers, militaires, infirmières, agents de la SNCF, de la Sécurité Sociale, de l'ANPE, instituteurs, professeurs divers, chercheurs, membres des cabinets ministériels, employés des mairies, régions, départements, puéricultrices en crèches, éducateurs, gardiens des prisons, juges et procureurs, agents de la postes et facteurs, ouvriers des monnaies et médailles, restaurateurs, conservateurs, bibliothécaires, archivistes, inspecteurs des impôts, des douanes, de la répression des fraudes ; on peut également entrevoir ce qui va nous manquer si on supprime les services où tous ces gens se tournent les pouces : plus de police, d'hôpitaux, d'écoles, de crèches, de musées, de transports par rail, de justice, de courrier, de timbres postes, de billets de banque, d'impôts, donc plus de subventions, de retraites, de remboursements de soins, d'allocations familiales, de cadastre, plus d'état civil, de ministères, plus de routes, plus rien qui soit ou bon marché ou gratuit. Ou c'est l'anarchie, ou c'est le tout payant. Préparons nos euros. Je suggère à ceux qui préconisent le moins de fonctionnaires possible, de boycotter les services publics, mais tous les services publics. Ils ne tiendront pas une seule journée.
*****************************************************
Ancien sport qui fut passionnant en son époque, mais qui a subi les outrages des temps modernes ; miné par la publicité, l'argent, le dopage, et la tare de cette fin de vingtième siècle les hooligans, ex zazous, ex blousons noirs, etc. Certains le défendent encore en prétendant qu'il est un modèle pour la jeunesse ; certes, peut-être le football de quartier ou celui des clubs de campagne, mais ce n'est pas de celui-là dont on parle, (quoi que ...), celui-là que l'on voit à la télévison. Je me demande comment un joueur qui ne cesse de cracher sur la pelouse, qui va se rouler dans son crachat peu après avec un de ses adversaires, peut être érigé en modèle pour les jeunes. Et passons sur les pugilats fréquents qui se produisent sur les terrains. Comme l'écrivait Drieu-la-Rochelle : Dans le sport l'homme reprend ses droits. Il reconquiert la discipline, la seule liberté qui soit douce.
Qu'en est-il aujourd'hui de cette pensée. Mais pour ce qui nous occupe ici, il ne s'agit sans doute plus de football. Il faudra trouver un autre nom à ces exhibitions dont il y a tellement à dire encore, mais cela n'en vaut pas la peine.(1998)
*****************************************************
Un saint qui a oeuvré toute sa vie au bien des gens, et qui par malheur un mauvais jour trébuche, dans quelque délit, se verra agoni, honni, banni. Un criminel, qui toute sa vie passée a oeuvré pour le mal, se repent le même jour, se verra félicité, admiré, accueilli à bras ouverts.
La société est sans pitié pour ceux qui chutent. Elle pardonne tout à ceux qui s'élèvent.
Ce n'est qu'une question de chronologie.(1997)
*****************************************************
Les médias semblent s'étonner, et à leur suite la population, des atrocités commises dans certains pays en crise grave. Pourtant il est connu que, pendant les guerres, les conflits, les révolutions, l'humain se montre tel qu'il est dans ces cas là. Qu'il se montre ignoble et cruel envers ses ennemis, ce n'est que la normale de la morale de guerre qui stipule qu'il est non seulement permis de tuer, mais qu'il est même recommandé de le faire (expression de Bergson). Se battre devenant un devoir, et ne pas le faire devenant un délit, on aura compris le pourquoi du comment. Tuer est un acte définitif, torturer est un acte moindre dans l'esprit des gens, en deçà du maximum autorisé en quelque sorte. Alors torturons allègrement.(1998)
***************************************************
GUERRE (Suite)
Les grands ennemis ont semble-t-il disparus. Finis les Huns de Sainte Geneviève, les soudards anglais de la guerre de cent ans, le Prussien son casque à pointe de Sedan, l'Allemand revanchard des années 30, le communiste russe et marteau pilon totalitaire. Il ne reste plus qu'à en attendre un autre. Et comme il ne surviendra pas ex nihilo, cela veut dire qu'il existe déjà, qu'il fait donc partie de nos amis ou alliés. Les grandes guerres mettent aux prises des nations ou des ensembles de nations d'une taille équivalente, d'une puissance équivalente. Cela ne peut être autrement car il s'agit toujours d'une lutte pour le pouvoir sur le monde. Et qui devient de plus en plus grand, de plus en plus fort, de plus en plus puissant sinon l'Europe, la vieille Europe qui renaît de ses cendres, de ses divisions ; et qui va se trouver devant elle, sinon les Etats-Unis d'Amérique ? Remarquons qu'il s'agira sans doute de l'inverse. Ce sont les Américains qui trouveront devant eux les Européens. L'Europe a encore du chemin à faire, et bien des conflits auront lieu avant qu'elle ne doivent se défendre des Etats-Unis qui ne voudront jamais laisser la place. Quelle forme prendra cette guerre entre deux anciens peuples parents ? C'est plus difficile à prévoir, mais nous ne devons pas exclure le conflit armé. Certains riront de ces prédictions pessimistes, sûr d'être entrés dans une ère de paix perpétuelle ; mais la guerre a toujours existé sur terre ; statistiquement leur croyance ne tient pas ; d'autres aussi pessimistes assureront que l'on se trompe d'ennemi, que c'est plutôt du côté oriental qu'il faudra chercher, pays arabes ou Chine ; ils ont raison, cela pourra arriver, mais n'empêchera nullement la suite prévue de se produire.
Les nations n'ont pas le choix. Où elles sont trop faibles et elles subissent le joug des puissantes. Où elles sont fortes et usent de leur puissance d'une manière toute naturelle, abusent dirait Montesquieu. Esclaves ou guerrières voilà leur lot à plus ou moins longue échéance. Pourquoi l'Europe échapperait-elle à la règle ? Au final, les Européens convaincus de cette fin de XXème siècle, nous préparent de grandes choses et de grandes guerres. (1998)
***************************************************
Document ou ensemble de documents, à un moment donné contemporains, relatifs à des faits antérieurs à la relation qui en est faite. L'historien doit mener une sorte d'enquête policière - cette enquête doit porter sur tous les domaines de la vie sociale, et non pas uniquement sur celui de la politique qui au demeurant est celui qui nous en apprend le moins sur l'homme des temps jadis - scientifique, c'est-à-dire sans préjugés, et sans jugements de valeurs, à l'écart des pressions extérieures d'autant plus fortes que les faits étudiés sont plus proches. Une histoire qui n'évolue pas, c'est-à-dire qui n'est jamais remise en question, est une histoire morte, et fausse.
Les textes d'historiens ou autres, surtout les littérateurs, ne doivent pas sous peine d'anachronisme faire référence au futur de leur histoire, soit pour comparer, critiquer, ou encenser. Ce procédé qui fait de l'effet, est très employé au cinéma. Ainsi et par exemple dans un péplum religieux, on entend un personnage contemporain du Christ affirmer que dans l'avenir, celui-ci sera oublié ; et les spectateurs de rire. Laissons cela aux péplums et aux amateurs d'effets de plume.
A l'école, il y a quelques années on faisait apprendre aux enfants la liste des rois de France afin de leur inculquer au moins, sinon l'histoire elle-même, du moins sa chronologie. Aujourd'hui, il y a des élèves qui ne savent pas qu'autrefois il y avait des rois qui essayaient de gouverner le pays. Afin de remédier aux lacunes ambiantes, voici donc la liste des rois, empereurs et chefs d'Etat que la France a connus au cours de ses vicissitudes :
LISTE DES SOUVERAINS ET CHEFS D'ETAT EN FRANCE
DEPUIS LES ORIGINES JUSQU'A NOS JOURS
Hors la Gaule et l'Empire romain
- Mérovingiens
- Carlovingiens (ou Carolingiens)
- Capétiens
- Les Napoléons
***************************************************
Enfin, il faut souligner, pour précision et à toutes fins utiles, que si les termes de roi ou d'empereur ont un caractère propre à impressionner le public, et à faire croire à la toute puissance d'un seul homme, il ne faut pas que cela fasse encore longtemps illusion, si l'on sait que nos présidents actuels ont beaucoup plus de pouvoirs que ces monarques n'en avaient à leur époque. D'abord parce que les sociétés évoluent avec leurs techniques, et que les moyens dont disposent les présidents actuels sont sans commune mesure avec ceux dont disposaient les anciens. Ensuite parce que les contrôles qui s'exerçaient sur leur manière de régner n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui, mais ils étaient plus efficaces, pour la bonne raison qu'aujourd'hui il n'existe pour ainsi dire aucun contrôle sur le chef de l'état. En quelque sorte, on pourrait dire que nous vivons, en France, sous un régime métamonarchique.(1998)
***************************************************
HLM DE BANLIEUES
Habitations à loyer modéré dont il ne reste que le sigle, le loyer n'étant plus modéré, les batisses n'étant plus vraiment des habitations. Les ensembles de barres, de tours qui se sont élevées dans les années 1960-1970 sont des crimes à l'art architectural et au bonheur de vivre. Outre la promiscuité qui y règne, le mal de vivre s'y est établi. Sur les cendres des bidonvilles éradiqués par De Gaulle, les ghettos prospèrent aujourd'hui. L'insécurité y est proportionnelle à la hauteur des bâtiments. Il a fallu attendre la fin de siècle pour voir ainsi prospérer ces zones de non-droit dans lesquelles la République n'a plus cours.(1998)
***************************************************
La perfection n'est pas dans l'homme, elle est quelquefois dans ses idées (Un sage d'Orient).(1997)
***************************************************
IMPOT EUROPEEN
L'eurocratie se prépare à mettre en place un impôt européen, direct ou indirect, payable, bien entendu par le citoyen moyen, c'est-à-dire vous et moi. L'idée n'est pas nouvelle, et est en l'air depuis quelques mois. Malgré les dénégations de tous les responsables politiques, parions un million d'euros que cet impot verra le jour avant cinq ans.(1999)
***************************************************
Ce n'est pas tant d'information que nous avons besoin, que de discernement pour faire la part à considérer de celle à oublier.(1998)
***************************************************
Il n'y a d'éternellement neuf que l'éternellement vieux.(C.F. Ramuz)
Toute invention a une origine lointaine. Souvent même, un génie a inventé quelque objet qui semble être venu trop tôt, et qui est repris plus tard. Ne nous leurrons pas, l'inventeur aux idées purement nouvelles est du domaine du mythe. On connaît les mésaventures de Charles Cros et les bonheurs de Thomas Edison. On connaît moins les découvertes de Babbage.
Si cela se vérifie dans ce qui touche aux inventions physiques, cela est encore plus net dans les sciences théoriques,ou la philosophie. On a parlé d'atomes bien avant l'ère du Christ, et le soleil ne tournait plus autour de la terre il y a déjà bien des dizaines de siècles. Les Grecs et avant eux d'autres peuples, dits barbares, savaient cela.
Ainsi, il n'y a qu'à regarder le XXème siècle et ses innombrables nouveautés. Non vraiment, rien n'est nouveau ; tout à déjà été entamé au XIXème siècle au moins, et souvent encore plus tôt : ordinateur, électricité, etc.
Par ailleurs, il faut se garder de confondre l'invention avec la pseudo-invention. La première met au jour un procédé, qui semble neuf et qui apporte un bien-être, un avantage dans la vie à ses utilisateurs. La seconde est une reprise de la première à laquelle on ajoute des améliorations, ou n'est qu'un système formé d'autres inventions déjà découvertes. Ainsi, si l'on peut considérer le magnétophone comme une invention, l' appareils qu'on appelait dans les années 1970 un magnéto-cassette n'ont rien d'une invention si l'on considère l'appareil dans son ensemble, n'étant qu'un magnétophone réduit ; il en va de même et à plus forte raison pour ce qu'on a appelé le balladeur, qui n'est qu'un magnétophone portatif affublé d'un casque d'écoute. Dans le détail, je veux dire dans la mécanique même de ces appareils, il peut par contre se trouver un élément réellement inventé, comme le transistor dans les années 1950. De même, on ne trouvera jamais l'inventeur de la planche à voile, en tant que planche à voile, sinon pour la marque commerciale ou de système d'accrochage du mât ou des voiles, pour la bonne raison que cet engin existait déjà virtuellement dans le monde sous la forme du voilier ou du radeau. Si demain je mets au point l'automobile à moteur à eau, je n'aurai pas inventé l'automobile, mais seulement le moyen de la propulser à l'eau. Si je la propulse avec une voile, je n'aurai rien inventé du tout, je n'aurai fait qu'adapter une vieille invention au moyen d'une autre vielle invention.
En matière d'art, il n'y a point d'invention, il n'y a que le style. Il n'y a pas d'invention tout simplement parce qu'une fois inventée, une oeuvre d'art ne peut être reproduite avec intérêt, sinon pour les faussaires, ce qui est d'une autre question. Un jeune peintre qui se complairait dans la reproduction à l'infini de la Joconde, n'aurait pas droit au titre d'artiste, peut-être à celui de peintre, et n'aurait aucun style propre. Son travail demeurerait plus proche de celui du travail à la chaîne que de celui de de Vinci.(1998)
****************************************************
Constat : l'attitude et l'état sociaux des jeunes - ou de certains jeunes, encore que la proportion visée dans la catégorie semble importante - demeurent incompréhensible à bien des égards, aux gens ordinaires, et ne sont pas comprises des gens qui disent les comprendre. Inculture généralisée, voire analphabétisme, désintérêt absolu pour progresser quel que soit le domaine, maladresse, a-religiosité , manque total d'esprit civique, si ne n'est d'esprit tout court, voilà le réjouissant miroir aux promesses de la société de demain. Mettons d'abord les choses au point ; il ne s'agit pas de donner dans l'anti-jeunes pour je ne sais quelle raison obscure ou dévoilée, ni de provoquer pour une autre ; il ne s'agit ici que d'observation suivie d'un jugement qu'il faut qualifier de subjectif, certes parce que c'est un jugement, et qu'il en faut ; foin de ceux qui déclarent ne juger jamais la société ou ses éléments ; ceux-là n'y vivent qu'égoïstement ou n'y vivent pas, ou n'y vivent qu'au lointain. Car enfin, qu'est-ce sinon un jugement, la moindre opinion sur une société quelconque ou sur une de ses composantes ? Terminons sur ce digression en balayant toute suspicion d'un quelconque racisme anti-jeunes qui n'aurait vraiment aucun sens profond, chacun ayant été jeune au moins une fois dans sa vie, et ce n'est sans doute pas assez. Dénoncer ce manque de tout chez beaucoup de jeunes, n'est pas forcément accuser, mais peut être rappeler à l'ordre. Le problème de la responsabilité n'est pas entier contenu dans la société comme il n'est pas entièrement imputable aux parents, encore moins aux institutions du pays, partant de l'Education Nationale, de ses dirigeants et de ses enseignants, bien que l'Etat d'esprit actuel soit d'accabler l'Etat à tout propos - mais alors pourquoi n'accable t-on pas les autres collectivités - région, département, Commune ? - mais qu'il est un ensemble commun de responsabilités. Seulement, il y a des responsables plus responsables que d'autres ; il existe une hiérarchie de la responsabilité et ce n'est pas le plus prestigieux ou le plus puissant qui est forcément le plus responsable. Halte au communisme des idées reçues, au monolitisme des accusations toutes faites qui n'ont que la vertu de dispenser de penser. D'ailleurs quand j' écris "ce manque de tout" j'ai bien conscience qu'il y a là quelque exagération, quelque caricature, sur lesquels on va s'appesantir lourdement et qui vont servir à la critique ; tant mieux, à condition que la critique ne s'en tienne pas à elles exclusivement. Car la critique, journalistique surtout, à la télévision et à la radio, est affligée de deux tares, l'une ancestrale, l'autre contemporaine : le tabou (retour psychopathique de la censure) et la réduction de l'information. Cette outrance vis-à-vis des attitudes "jeunes" - que je n'ose qualifier de puériles, le terme étant trop teinté de naïveté, loin de la réalité qui n'a rien de naïf - est sans doute généralisatrice, mais il est impossible en matière sociale de rester dans le domaine de l'individuel sous peine d'écrire un ouvrage en soixante millions de volumes si l'on veut se cantonner à la France. En tout état de cause, j'aurai fait de mon mieux pour témoigner d'abord et pour en tirer quelques principes ensuite.(1998)
*****************************************************
JUSTICE
Idéal supérieur. Sans Justice, les autres vertus deviennent nulles et non avenues. C'est elle qui permet de comparer l'état des relations entre les humains. Elle relève de la philosophie en général.
Bien entendu il ne faut pas la confondre avec la justice ordinaire des hommes, qui n'est qu'un avatar de l'idéal lui-même, puis un ensemble d'institutions disparates, du moins en France, qui s'évertuent bon gré mal gré à régler les relations contentieuses entre les citoyens. Celle-là relève d'abord du Droit, même si elle puise sa lointaine origine dans la morale ou la religion. Comme actuellement la justice est dépassée par les évènements, en raison de l'hystérie chicanière ambiante, la prolifération des textes juridiques, internes et externes, de l'augmentation du nombre des affaires contentieuses, et du manque de moyens nécessaires à son fonctionnement, ses jugements, et ses non-jugements ou affaires classées de plus en plus nombreux, sont remis en cause plus qu'il ne faudrait. La principale conséquence apparaît clairement : le discrédit s'installe lentement dans les esprits.
Quand je dis justice, je parle aussi bien de celle qui oeuvre dans les tribunaux de police, d'instance, de grande instance, et bien sûr des tribunaux administratifs. Les Cours d'Assises, ne sont pas concernées, en raison de la relative stabilité du code pénal, et du nombre restreint des crimes qui en sont passibles.
Matériellemnent, il est impossible à l'heure actuelle pour la victime d'un vol de bicyclette sans témoins, d'obtenir réparation, d'abord parce que les autorités policières ne recherchent qu'accessoirement le voleur, pour les mêmes raisons que citées plus haut, ensuite parce que si une plainte est déposée auprès du Procureur de la République, il y a trois risques qu'il classe l'affaire, pour une chance qu'il s'y attarde. Il en est de même pour certaines affaires mineures telles que les injures, ou la violence latente laquelle se traduit par bousculades, jets de pierres, menaces. Par ailleurs, si cette victime se transforme en horrible transgresseur du Code de la Route, il est à peu près certain de payer son forfait. Ainsi, le sentiment qu'il existe deux poids deux mesures est absolument général dans la République. Car dans l'esprit des gens, théoriquement il n'y a qu'une justice, guidée par la Justice. Dans le cas contraire il n'y a plus de Justice, et la justice n'est plus que comédie. Les gens ont tort parce que, pratiquement, il n'y a pas qu'une justice ; et ils ont raison, car griller un feu rouge, sans accident, est moins grave que de bousculer une vieille dame pour lui voler son sac, ou pour l'intimider.(1999)
*****************************************************
Un livre est une mémoire. Qu'il traite de science, de philosophie, de technique, d'art, d'histoire, bref, il est une mémoire. Il conserve les idées de l'auteur, que ce soit les siennes propres ou celles qu'il rapporte des autres auteurs.
Mais c'est une mémoire d'un genre particulier. On accorde à ce qui y est écrit bien plus de valeur qu'on y accorderait si ce n'était que dit ou récité. En cela, le livre apparaît comme magique.
Aujourd'hui tout le monde peut écrire un livre, avec les outils dont chacun dispose, notamment l'informatique. Avec pas grand-chose - mais quelques idées si possibles - on peut écrire un livre, et en tirer des exemplaires. Le plus difficile demeure d'être lu. Et pour être lu, il faut être connu, et pour être connu, il faut ou avoir été lu, ou être connu dans un domaine autre que celui de l'écrivain. Pas simple ! C'est un paradoxe de notre époque de communication : le livre est un moyen de communication difficile à communiquer. Peut-être le réseau Internet y remédiera-t-il ?
Le nombre de livres qui sont édités chaque année augmente. Le nombre de titres augmente, mais pas le nombre des exemplaires par tirage. Les moyens d'impression font qu'aujourd'hui, on peut se permettre de ne tirer que quelques milliers de volumes au premier tirage, et procéder ensuite à de nouveaux tirages sans risquer de grever les bénéfices. Parmi tous les titres qui sont proposés au public, bien peu présentent un quelconque intérêt. On réédite beaucoup Victor Hugo, mais Bentham reste un inconnu en France. Stendhal c'est magnifique mais d'une rareté douteuse, et Buffon n'est plus en rayons depuis bien longtemps. Astérix se trouve par piles entières, mais qui a tenu entre ses mains un reprint digne ce ce nom des Très Riches heures du Duc de Berry ? Certes on ne demande pas aux éditeurs de faire le travail de la Bibliothèque Nationale, mais après tout, pourquoi pas ? Il y a du pain sur la planche et de la réussite à la clé.
En France on s'occupe du livre côté portefeuille. Le prix unique ou encadré ne sauvera pas un seul artisan-libraire, pour la bonne raison qu'il n'y en a déjà pratiquement plus. Les seuls qui demeurent, car offrant aux lecteurs un peu de rêve, de mystère, d'espoir de succès dans la recherche d'un ouvrage, ce sont les boutiquiers de livres d'occasion ; je ne dis pas bouquinistes, ceux de Paris n'ont plus la foi, et ne croient plus qu'aux touristes, deux ou trois exceptés. La concurrence dans le livre est bannie (jusqu'à 5%) sur le prix du neuf, tout simplement pour faire obstacle aux éditions étrangères, notamment italiennes bien moins onéreuses. Mais la marge tolérée est suffisante pour attirer les amateurs de livres dans les grandes surfaces ou les chaînes plus ou moins franchisées, au détriment des libraires de quartier. Il ne s'agit donc pas au vrai d'une mesure destinée à les sauver du naufrage.(1998)
*****************************************************
Contenir l'homme, la foule, tel semble le but de la loi et de la morale. La Loi est la voix de l'extérieur, jamais véritablement assimilée dans la conscience des individus, parce qu'elle se surajoute en quelque sorte à leurs acquis d'enfance qui eux, font totalement partie de ces individus lesquels les observent sans difficulté, sans vraiment réfléchir. Les gens ne se sentent que faiblement obligés de suivre la loi, et ils ne se privent pas de l'enfreindre, parfois même ils le font sans le savoir, ne connaissant évidemment pas tous les textes. Cette ignorance est bien souvent une arme pour les politiques ou plutôt les escrocs en politique qui pondent des textes en sachant qu ils ne seront pas observés, mais qui pourront en cas de besoin servir le temps venu. En quelque sorte une réserve d'autorité qu'on assènera par exemple dans quelque fumeux procès ou pour justifier une taxe nouvelle. Les préceptes moraux, eux sont observés, sans le savoir ou consciemment, mais de bon gré, et quand ils sont transgressés c'est bien souvent le remords qui suit, en tout cas ils sont transgressés en connaissance de cause. La morale est la voix de l'intérieur. Elle n'offre que peu de prise au sentiment d'injustice, alors que la loi n'est en général qu'une source d'injustices, visibles ou invisibles, qui la rendent encore plus pénible à respecter. Voulant tout régenter, elle s'emberlificote dans de merveilleuses contradictions, dans d' admirables non-sens. Elle ne peut plus qu'aller encore plus loin. L'arrêt lui devient interdit sous peine de "vide juridique". Rêvons d'un désert juridique ou d'un paradis moral.(1998)
****************************************************
Qu'aurait été le jugement de Salomon si ce dernier s' était référé à des lois telles que les nôtres ? - La Démocratie s'appuie sur le Droit et la Loi. - La Justice s'appuie sur la Morale et le Bien. - Juger en Droit et juger en Justice c'est juger mal et juger bien. - La Démocratie est parfaite en théorie, elle est impossible en fait ; qui donc pratique ou a pratiqué le gouvernement du Peuple par le Peuple ? - Le Droit peut tout régler à coup d'injustices. La morale ne peut tout régler ; mais ce qu'elle règle elle le fait bien. - Le Droit est écriture. Mais il n'est point lu. La morale n'a point besoin de chiffons de papier. - L'inflation des textes juridiques fait peut-être le bonheur des chicaneurs mais elle sape les fondements de la société ; les responsables de cet état de fait, à savoir ces messieurs les députés et politiques - ne semblent guère s'alarmer ; pourtant l'autorité de l'Etat et la leur en sont gravement affectées. - L'hermétisme des textes les rend sans effet. Si en plus ils sont bavards et innombrables... Mais que sont-ils sinon la transcription de la logorrhée dont souffre les politiciens ? - L'impérialisme des nations occidentales, teint de colonialisme larvé, sévit dans les pays à régime aléatoire, notamment en Afrique. Ainsi, la France intervient, plus ou moins obscurément, dans la mise en place de ces régimes. Lors de troubles, d' émeutes, de massacres, l'Armée Française est présente, agissant avec plus ou moins de bonheur, en vertu d'accords plus ou moins connus. Que dirions-nous, ici, en France, si des troupes africaines patrouillaient dans nos rues, même si leur mission était prétendue pacifique ? Or, personne dans la classe politique française ne semble trouver bizarre le fait que des soldats français soient disséminés dans maints pays d'Afrique. La démocratie a ses limites dans la tête des gens, et les habitudes font partie du concept. Inversez la situation, mettez-vous à la place des Africains, et cette belle démocratie deviendra vite insupportable. - Quant on connaît l'importance de la race dans la mentalité africaine ou océanienne, le rôle de la tribu et des coutumes, on ne s' étonne pas que des principes politiques, transposés en Afrique ou ailleurs, conduisent à des catastrophes. Par contre on peut s' étonner de l'incurie de nos politiques, de leur inculture, voire de leur idiotie, à se cramponner à leurs idées quand des problèmes surgissent ça et là : comment les gens peuvent-ils voter pour de tels ânes ? - Quand la démocratie accouche de l'humanitaire, elle touche alors le fond. Sous prétexte d'aider tel ou tel, elle allonge les conflits, les aggraves, et se ridiculise en allant contre les intérêts de ceux qu'elle se proposait d'aider, pire encore, elle aide ceux dont les agissements forment tout le problème. Mais les apparences, médiatiques du moins, sont sauves. Et puis, l'humanitaire a créé quelques emplois, et a permis à quelque-uns de faire fortune. - Les syndicats français se sont discrédités en 1981 en soutenant Mitterand et son gouvernement d'illusionnistes. Non seulement ils n'ont pas fait amende honorable, mais ils se maintiennent dans leurs erreurs ; il s'ensuit qu'ils ne représentent qu'eux-mêmes, n'agissent qu'au cas par cas dans les conflits ponctuels, comme le ferait le moindre cabinet d'avocat, en pire cependant : car ils s'evertuent à ménager la chèvre et le chou dans les affaires concernant employés et employeurs, comme dans celles qui mettent aux prises des employés de grades différents. On ne peut pas être à la fois avec et contre ceux qui ont fait appel à vous. Leur incurie leur coûte des adhésions en moins, mais peu importe, pourvu qu'ils se maintiennent, encouragés par le pouvoir qui craint par dessus tout les mouvements non contrôlés. Aussi voit-on ces malheureux syndicats courir derrière tous les mouvements revendicatifs sauvages pour tenter de les rattraper, car bien incapables de les générer.(1998)
*****************************************************
L'intérêt politique et la mode ne sont pas vraiment dispensateurs (dispensateur et dispensatrice devrais-je écrire) de beau langage. Les perroquets officiels et leurs souffleurs n'en finissent pas de nous asséner des ils et des elles en série à tout bout de phrase, pour ne pas froisser sans doute les lobbies ou féministes ou des droits de l'homme, ou surtout les électeurs. Un seul exemple, les présidents de notre république ont tous eu ce travers ; ils ne disent plus j'invite tous les Français... mais : j'invite toutes les Françaises et tous les Français... Eux-mêmes ne connaissent pas semble-t-il la grammaire française dont une règle dit que le masculin l'emporte sur le féminin. C'est plus joli et plus pratique ; et donc que ils peut signifier ils et elles en même temps. On va bientôt en venir aux humains et aux humaines.
Remarquons qu'ils placent toujours le féminin avant le masculin, signe absolu d'une espèce de condescendance à l'opposé même de ce qu'ils croient de bon ton. La femme est l'égale de l'homme entend-on partout. Certes, comme déjà dit ailleurs, il n'y a aucun inconvénient politique à cela. Mais dans la bouche de ces démagogues cela devient suspect. Mais ils se gardent bien d'inverser les termes : jamais ils ne diront l'homme est l'égal de la femme, sans avoir l'air de déchoir.
*****************************************************
Toute honte bue, ils offrent le triste spectacle de leur parasitisme aux bêtas de passants pressés d'aller à leur travail. Ce travail qu'ils n'ont point, et dont ils ne voudraient pour rien au monde. Car enfin, pourquoi se fatiguer quand il suffit de tendre une écuelle à la générosité béate de ces niais besogneux, qui n'ont pas encore eu le temps de réfléchir sur le pourquoi du comment de cet état de fait : la pauvreté gagne du terrain dans notre belle France. De qui se moque-t-on ? Pourquoi y a-t-il des pauvres en France ? Il faudrait d'abord définir ce qu'est un pauvre en France. Vaut-il un pauvre en Inde ? Le chômage : Le chômage résiduel des économistes naïfs des années 60 se transforme en chômage de crise du pétrole dans les années 70, pour s' éparpiller en une vingtaine de types différents de chômages dans les années 80 : structurel, conjoncturel, d'incohérence, partiel, récurrent, de segmentation, d'insertion, classique, keynésien, technologique, d'exclusion, etc, le tout à l'avenant. Ces trente glorieuses ne le sont pas pour nos politiciens qui n'avaient d'abord rien vu venir (gouverner c'est prévoir ?), qui ensuite ont menti, et enfin qui ne savent plus que dire sinon que le fléau n'est pas une fatalité . Ce qu'une personne sensée ne peut affirmer sans risque. En tout cas, même s'il n'est pas un chômage incompressible, ce chômage en a toutes les apparences et surtout toutes les conséquences parmi lesquelles celle de s'habituer pour certains à vivre sans ne rien faire. Il devient normal pour ces oisifs de rançonner les travailleurs par l'intermédiaire des ASSEDIC. Mais peut-être sommes-nous entrés dans la civilisation des loisirs, la vraie : 17 millions de personnes travaillent sur une population de 57 millions, c'est à dire 1/4, en tenant compte des 4 millions de chômeurs. Après tout, pourquoi pas, si la productivité générale le permet. Seulement la situation a ou aura un prix ; combien de temps 1 travailleur consentira encore à entretenir 3 oisifs sans contrepartie, financière ou sociale qui se traduira d'une manière ou d'une autre par une prise de pouvoir, un accroissement des droits au détriment des autres ? Les uns seront-ils les otages des autres, les uns les esclaves des autres ? La fainéantise : La France est victime de son système social de redistribution. Au fil des années, à mesure que le rôle de l'Etat s'affirmait (depuis les années 20 environ), à mesure que parallèlement se développaient les idées dites démocratiques et leur corollaire l'humanitaire, les Français sont devenus exigeants envers cet Etat, réclamant encore plus d'interventionnisme, plus de protection sociale, tout en se réservant le droit de le critiquer pour son omniprésence. Le Français est devenu un assisté qui ne comprend plus qu'il lui faille faire des efforts pour vivre.Il a accepté un type de démocratie larvée en change d'une assurance de bien-vivre. Car en même temps qu'il élisait ses politiciens, il leur demandait de le protéger. On a pendant un temps fustigé le système communiste, mais nous vivons, en 1996, réellement dans un système communiste, ultra-communiste dans le domaine social. Le résultat de la générosité de l'Etat c'est qu'il est plus rentable aujourd'hui pour un smicard un peu fainéant de ne pas travailler, sachant qu'il touchera le RMI agrémenté d'une kyrielle d'avantages, d'exonérations, de remises divers, lesquels mis bout à bout le propulse à un revenu réel supérieur à celui qu'il percevrait s'il travaillait. En plus, il peut se faire quelque argent de poche en tendant sa sébille à la sortie du métro ou des églises. Nous ne dirons que peu sur l'attrait que le système produit chez les étrangers des pays en perpétuel sous-développement : il faut les comprendre : imaginons un Eldorado quelconque où l'on nous paierait quatre ou cinq fois le salaire que nous touchons en France par une seule formalité : s'inscrire sur les rôles d'un RMI local ; nous serions les premiers à émigrer. Posons enfin la véritable question : "L'Etat intervient parce qu'il y a des pauvres, ou y a-t-il des pauvres parce que l'Etat intervient ?" Pour la réponse, voir Malthus et d'autres, par exemple Cochin, qui ne peut être soupçonné de quoi que ce soit, et qui écrivait au milieu du XIXème siècle :
Lorsqu'une municipalité ouvre un rôle d'indigents, elle fait savoir que tous ceux qui ont soixante ans d'âge, des infirmités, ou plusieurs enfants, peuvent se présenter pour recevoir un secours hebdomadaire ou mensuel.
A peine ce ban est-il publié, que la population entière se précipite vers le Bureau de distribution ; on veut être inscrit ; on menace le commissaire des pauvres ; on l'accuse de partialité, d'injustice, d'inhumanité ; chacun veut être plus malheureux que son voisin : c'est une enchère d'indigence et de calamité. On se fait pauvre pour être assisté ; on dissimule ses ressources ; on les dissipe ; on ment effrontément ; on veut vivre aux dépens de la municipalité. Le trésor s'épuise ; les malheurs de la population sont augmentés par l'habitude que chacun prend de ne plus se suffire à soi-même ; les citoyens, au lieu de vivre par le travail et payer l'impôt, s'accoutument à vivre de l'impôt et à menacer la tranquillité de ceux qui le paient ; l'aumône, implorée d'abord avec supplication, est exigée plus tard avec insolence, menaces et voies de fait ; les demandes se multiplient, les exigences s'accroissent... Les dépositaires de l'ordre public devraient savoir que, lorsqu'on se mêle d'influer sur le sort des hommes en créant des secours publics, il faut agir gravement pour ne rien compromettre, et se tenir en garde contre l'entraînement des émotions les plus respectables dans leur principe. (Jean-Denis Cochin- Manuel des fondateurs et directeurs de salles d'asile-2ème édit. 1854).(1998)
*****************************************************
MENDICITE
Phénomène éminemment parisien, elle touche plus particulièrement les touristes, entendre par là, qu'ils sont victimes des mendiants, précisons, des faux-mendiants. On est loin du bon vieux clodo parigot, barbu et crado, avec son litron dans la poche, le clodo du temps où la mendicité constituait un délit. Celui-là, si on le rencontre on peut vraiment lui payer un coup. Les faux sont en général des jeunes, qui ne veulent rien faire, ou plutôt qui ont fait profession de mendier, et qui profitent de l'ambiance misérabiliste actuelle. En quelque sorte ils enlèvent le pain de la bouche des véritables nécessiteux. Car beaucoup de gens de donnent plus rien à personne dans la rue, d'une manière quelque peu rigoureuse, las qu'ils sont d'être sans arrêt sollicités. Leur discours aseptisé et rabâché sans conviction, ou au contraire, si l'on a affaire a des comédiens dans l'âme, émouvant à vous tirer les larmes contient des éléments qui permettent de les démasquer : ils sont au chômage, ils n'ont pas droit au RMI, il suffit de leur donner dix francs ou quelques pièces afin de pouvoir manger et dormir le soir dans un hôtel. On se demande, s'ils sont au chômage, quand ils vont tenter de trouver du travail. Il y a un bon moyen de couper court aux tentatives de ce que nous appelons de l'escroquerie, et en même temps de ne pas se tromper au cas où l'on a affaire a quelqu'un dans la misère, ce qui est plus rare qu'on ne le pense : il suffit d'inviter le mendiant à rechercher avec lui une solution à son problème ; ainsi par exemple, si l'on se voit demandé de l'argent pour manger, il s'agit de cela dans 80% des cas, proposer alors au quémandeur de lui acheter de quoi se nourrir. Personnellement, nous n'avons jamais, à ce jour obtenu de réponse affirmative. Les endroits favoris de ces escrocs, mâles et femelles, sont le métro, les gares, les abords des banques et leurs distributeurs de billets, les places animées (Halles, Beaubourg). Dans les gares, il est fréquent de se faire aborder par des gens prétendant s'être fait voler portefeuille et papiers, et ne pouvant pas rentrer chez eux. Dans ce cas, on peut toujours les inviter à aller avec eux au commissariat le plus proche pour déclarer l'affaire, ou leur demander de montrer la déclaration de vol elle-même. Evidemment, la suite est connue car du même acabit que le précédent exemple. Dans ces circonstances, il faudra rester calme et souriant, voire guoguenard, ce sont les meilleures armes pour lutter contre ce fléau qui ne donne pas de la France une image reluisante.(Article de Trucs, et curiosités parisiennes)(1999)
*****************************************************
MONDIALISATION
Vieux terme des années soixante qui connaît une grande fortune aujourd'hui ; c'est d'abord l'accroissement de la dépendance économique des états entre eux ; l'autarcie même sectorielle n'a plus cours et qui serait tenté de s'enfermer chez lui irait irrémédiablement à la ruine ; c'est ensuite une globalisation, c'est-à-dire un ensemble d'attitudes et d'actions prises en fonction de critères économiques ; tout ce qui se fait sur terre se fait en fonction de l'argent, de la rentabilité ; c'est enfin le début d'un processus de formation de blocs économiques qui ne feront plus qu'un dans quelques décennies ; la mondialisation n'est pas sans rapport avec l'impérialisme si l'on considère que l'état américain en est le plus zélé représentant. Les instruments de la mondialisation s'appellent traités économiques, fonds mondiaux, aide internationale, démocratie et interventionnisme militaire. (2005)
MOTEUR A EAU
Serpent de mer dont on ne parle actuellement presque plus. On dit qu'il s'agit d'un mythe, d'une impossibilité scientifique complète. C'est exact si l'on se réfère à la mécanique vulgaire. L'eau n'étant pas susceptible de combustion, elle ne pourra jamais alimenter un moteur à explosion. Mais... A la fin du XIXème siècle, des plus grands parmis les scientifiques affirmaient que le plus lourd que l'air ne volerait jamais. Pourtant, aujourd'hui, c'est un jeu d'enfant de faire voler un fer à repasser. Tout simplement parce que voler en ce temps-là c'était faire comme les oiseaux, à quelque chose près. Pourtant encore, les oiseaux sont plus lourds que l'air, mais ces gens trouvaient autant d'arguments propres à conforter leur position. Cette attitude anti-scientifique, celle qui consiste à affirmer que telle chose est impossible, trouve toujours des représentants en cette fin de XXème siècle. Donc restons scientifiques et affirmons simplement que l'eau, en l'état actuel de la science, n'est pas une énergie propre à servir dans un moteur. Sauf si ce moteur par hasard n'était plus à explosion ou à combustion, mais d'une autre nature. Sauf si cette eau se voyait transformée, ou même considérée comme ensemble d'atomes dont chacun possèdent une énergie formidable, ce qu'on sait déjà depuis longtemps. La théorie du sauf si trouvera une justification de plus, un jour ou l'autre. Dans l'avenir, l'eau permettra bien de faire avancer un véhicule. Sera-ce encore vraiment de de l'eau ? Sera-ce même encore un moteur ? Concluons en remarquant qu'oxygène et hydrogène permettent déjà de faire avancer un véhicule, à grands risques sans doute ; et qu'est-ce donc que de l'oxygène et de l'hydrogène sinon de l'eau ? (1996)
*****************************************************
MUSIQUE
La musique de Bach est du genre didactique ; celle de Chopin est purement romanesque. On apprend le monde dans la première, on n'est que séduit dans la seconde. Bach nous transporte en un lieu où l'on ne peut qu'aller ; pas d'autre voie ne s'offre à nous, malgré certaines surprises dans la phraséologie musicale du compositeur. Bach ne peut pas être renouvelé , car sa musique est la musique absolue, mathématique par certains côtés, euclidienne pourrait-on dire ; deux lignes parallèles sont parallèles, il n'existe pas de moyen de les faire se rencontrer sans faire de faute de logique ; à moins de changer de système. D'autres musiciens l'ont fait. Beethoven plane sur la symphonie, c'est du tonnerre en portée ; Schubert c'est de l'amour mis en musique. Je ne puis écouter Puccini et sa terrible Bohême ; c'est plus fort que moi ; ici même j'ai du mal à en écrire sans que des larmes perlent ; la seule vocation même de son opéra me fait tomber dans une crise incontrôlable dont les symptômes sont les pleurs, la gorge nouée et la respiration pénible. La Bohême est pour moi une énigme psychologique. Le Nord tout entier est contenu dans les deux oeuvres de Grieg que sont Peer Gynt et le Concerto en la mineur. Mozart est quelque part ce mystère qui plane dans les rues des villes du XVIIème siècle. S'il est Vienne, il est aussi Venise. Vivaldi me repose en beauté. Gesualdo tonne, et je reste pantois que pratiquement personne ne le connaisse. Schütz est un maître du choeur. Ses pièces pour huit voix tombent dans l'oubli pourtant. Guillaume de Machaut écrit sur quelque tablette de pierre de Notre-Dame, là, ou bien encore à Reims ou à Troyes. C'est le Moyen-Age qui surgit, immense et sublime, renversant au passage le mur d'idées toutes faites qui convergent à affirmer que cette époque fut une époque d'obscurité . De Falla c'est du Picasso expliqué . Ce grand d'Espagne est peut-être le plus grand des temps modernes. La musique de Debussy a la finesse des étoffes de valeur, la poésie d'une source isolée. Villa-Lobos, ce sont des canevas pour des mains qui tressent la mélodie, de l'impossible sur le papier, réussi en le jouant. Avec Wagner l'âme allemande, l'esprit des légendes grandioses planent, mystérieux, inquiétant cependant les rêves qu'on peut oser. Avec Erik Satie, le fou mal aimé apparaît l'ange du bizarre. Mais je ris de son monstrueux culot envers ses contemporains embarbichés et des pieds de nez qu'il leur a fait. Merci, Monsieur Satie. Pierre Schaeffer et ses portes musicales, ses casseroles mélodiques ; ça change et ça remet d'aplomb quand on écoute les niaiseries symphoniques de certains.(1997)
*****************************************************
NOTAIRE
S'il est un homme auquel on aurait tendance à faire plutôt confiance, c'est bien lui. Je dis homme, car on le considère presque comme un ami, prompt à vous faire bénéficier d'avantages cachés, dont il a seul le secret dans le secret de son étude, et l'on oublie qu'il est avant tout , envers vous, officier minitériel.
Réveillez-vous dormeurs impénitents, l'ami de la famille, doit vivre lui aussi, et s'il connaît certains trucs, ils sont légaux et font partie de vos droits, en aucun cas il ne vous fait une faveur. Plus, il vous faudra contrôler le décompte qu'il doit vous remettre après service fait. Reportez-vous au décret du 8 mars 1978 (JO du 10 mars 1978) ; tout y est en matière de tarification.
Ainsi, certains décomptes font apparaître en plus des émoluments d'acte :
- des frais d'envoi : tarification illégale.
- des frais de photocopies (sauf si vous en demandez en plus du nécessaire) : tarification illégale.
- des frais de téléphone, de fax : tarification illégale.
- des frais de dossier : (que sont-ils ?) : tarification illégale.
- des frais d'inscription sur le fichier national immobilier des notaires : tarification illégale, c'est un fichier interne aux notaires, le client n'a pas à payer le fonctionnement de cette base de données.
Un délai de 2 ans court, pendant lequel on peut toujours essayer de se faire rembourser les versements injustifiés.
1) En s'adressant directement au notaire.
2) En demandant un certificat de vérification au Tribunal d'Instance (lieu de l'étude notariale) pour les sommes ne dépassant pas 30 000,00 francs, au Tribunal de Grande Instance dans les autres cas.
3) Ce certificat peut être contesté auprès du même tribunal qui vous délivrera une ordonnance de taxe.
4) Si vous ne pouvez obtenir le remboursement demandé, et si vous n'êtes pas trop fatigué, vous pouvez alors porter plainte auprès du Procureur de la République et demander des dommages et intérêts.
5) Entre temps, si vous avez du temps à perdre, vous pouvez vous plaindre auprès de la Chambre des Notaires, et auprès du Ministère de la Justice.
Ma